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Du
jeu à l’hypnose
J ‘avais envie de partager avec vous , quelques réflexions
à propos d’un moment bien particulier qui émerge au
cours de certaines thérapies d’enfant.
C’est un moment où le jeu se fait hypnose, presque naturellement,
en tous les cas dans une simplicité tout à fait déconcertante.
Au détour d’un dessin, en plein cœur d’un jeu
, l’enfant nous lâche, comme on lâche les amarres ,
et bascule , glisse imperceptiblement vers un état hypnotique ;
sans induction formelle, mais ,qui plus est ,quasiment à son initiative.
En
effet , du jeu à l’hypnose, il n’y a souvent qu’un
pas à franchir .Quand l’enfant le franchit de lui-même,
ce n’est rien moins que surprenant. Il force, oblige en quelque
sorte le thérapeute à se mettre en retrait . Il me semble
que s’institue alors quelque chose d’un grand respect mutuel
, respect de la singularité de chacun, au sein d’une altérité
mise en acte.
Cet
instant très fugitif me semble fondateur pour l’enfant.
Le
jeu qui était concentration , fixation se fait ouverture ,et création
d’un nouveau mode relationnel.L’activité ludique qui
fut arrêt par rapport aux afférences extérieures,
se déploie en un mouvement très ample , très libre,
dans lequel l’enfant se trouve être en contact et avec son
potentiel et avec celui du monde environnant.Sans doute, sommes nous ,
ici ,très proches de ce que F. Roustang appelle la vigilance généralisée
.
F.Roustang
qui d’ailleurs dit dans la « Fin de la plainte » : «
l’hypnose n’est rien, elle n’est qu’un jeu. Mais
le fait qu’elle soit un jeu n’est peut-être pas rien
»
Quand
on parle de Jeu, on ne peut pas ne pas évoquer Winnicott : «
c’est en jouant et seulement en jouant que l’individu , enfant
ou adulte , est capable d’être créatif et d’utiliser
sa personnalité toute entière ; et c’est seulement
en étant créatif que l’individu découvre son
soi. De là , on peut conclure que c’est seulement en jouant
que la communication est possible » («Jeu et réalité»).
Dans cette trajectoire qui va de Winnicott à F.Roustang, j’avais
envie de jeter certains ponts.
La thérapie, comme rencontre du jeu de l’enfant……..
J’ai commencé à pratiquer l’hypnose avec des
enfants et adolescentes violents ,qui évoluent dans un milieu familial
particulièrement fragile, fragilisant voire pathogéne.La
thérapie est dans ce cadre là , bien souvent demandée
par l’école, les parents étant dans la banalisation,
si ce n’est le déni de la souffrance de leur enfant. En tous
les cas, ils l’amènent en consultation avec surtout le souci
que rien ne change .Les symptômes de l’enfant ayant une fonction
essentielle dans l’homéostasie familiale , l’alliance
thérapeutique avec la famille est quasi inexistante. Ainsi l’enfant
amené en thérapie se trouve être au cœur de demandes
contraires, l’école attendant un changement que la famille
ne semble pas pouvoir affronter.
L’individuation
de l’enfant est à la fois vitale pour lui et à la
fois intolérable pour la famille. Entre différenciation
et appartenance, entre autonomie et prises en compte des contraintes familiales,et
des pressions de l’école seul l’enfant peut trouver
une place viable pour lui. Encore faut-il lui suggérer qu’il
peut l’inventer .
J’ai pratiqué avec ces enfants , ce que j’appelle «
l’hypnose de fauteuil », l’enfant est installé
, comme les adultes, dans un fauteuil et je fais des inductions, comme
avec les adultes . Classique !…. Jusqu’au jour, où
certains petits patients me firent découvrir autre chose…..
Benjamin, 9 ans , agressif à la maison, violent
à l’école ; il risque un renvoi définitif.
Ses parents sont en train de se séparer, il est complétement
en alliance avec son père, qu’il s’est donné
comme mission de protéger, dont il porte la fragilité ,père
qui se laisse largement prendre en charge par B. Benjamin est réfractaire
à tout ce qui vient de sa mère, étant bien entendu
pour lui que pour être le fils de son père, il ne peut que
mettre sa mère en échec.
- Les deux premières séances sont très
denses en paroles et en jeux. Il met notamment en scène avec des
peluches ses pulsions de destruction de la mère ; elle vole plusieurs
fois à travers mon bureau , pour finir ensevelie , derrière
la poubelle .
-
A la 3° séance,
il arrive bien plus tranquille, il me demande de dessiner, et le fit dans
un calme tout nouveau. Calme que je laisse s’installer de plus en
plus ;me contentant d’attendre, sans savoir au juste ce que j’attends,
mais en même temps curieuse de ce qui pouvait arriver .
Au bout d’un moment assez long , il finit par me dire : «
je n’ai jamais entendu le silence comme cela » et je me contente
de l’inviter à y entrer un peu plus, encore un peu plus ,
et à porter attention à ce qu’il éprouve. Et
je ne fais rien d’autre, je sentais -que dans cet instant où
il semblait ne rien se passer- précisément il se passait
quelque chose d’intense en lui , pour lui, qui lui appartenait et
auquel il n’était pas nécessaire que j’ai accès.
Il continuait toujours à dessiner, mais le temps était comme
suspendu. Absorbé par son geste , il semblait être aussi
très loin, dans un autre espace. Tout en dessinant, il n’était
plus dans le dessin . La dissociation faisait son œuvre.
A la fin de la séance, il me dit seulement dans un grand soupir
d’aise : « ça fait du bien ce calme »
Il venait de se surprendre à pouvoir exister autrement que dans
l’agitation .Il venait peut-être de se libérer d’
être obligé de jouer les « durs », « les
caïds »
Cela me fit penser à W. pour qui « le moment thérapeutique
, c’est le moment où l’enfant arrive à se surprendre
lui-même. »
Quand il rejoint sa mère qui l’attend dans l’entrée,
il se jette dans ses bras , en lui disant « maman , je t’aime
». Moment d’émotion.
- La 4° séance, B. entre en disant qu’il
a envie aujourd’hui de jouer aux billes. Je lui réponds que
je n’en ai pas, mais que cela n’est pas un problème.
Il sait qu’il peut créer ce qu’il veut à partir
de ce qui est présent dans le bureau . Il hésite un peu
et finit par façonner des billes avec une pâte durcissante,
puis à les peindre consciencieusement . Cela occupa presque toute
la séance.Rien d’autre ne se passa.A la fin , sa mère
voulut me voir, « je découvre un nouveau B. »me dit-elle
« on parle beaucoup ensemble , je retrouve mon fils » .
- Il y aura encore 2 rencontres, au cours desquelles
,on se contentera de jouer aux billes, en échangeant des banalités.
A l’avant dernière ,son père vient le chercher, «
B.est beaucoup plus calme,et il arrive à me dire « ma vie
, c’est ma vie »et,il ne veut plus rien entendre de la mienne.
Il m’épate . » Là aussi , le père accepte
l ‘épiphanie du nouveau visage de son fils.
Lors de la dernière séance,B.reprend le jeu de billes. Mais
, je ne le sens plus du tout présent . J ‘ai l’impression
que le jeu est pour lui , une manière de prendre congé de
moi.Ce qu’on verbalise ensemble . On convient d’un commun
accord d’arrêter le travail.
Si nous reprenons une à une les séquences, quelles remarques
pouvons nous faire ?
……..et du jeu du thérapeute
- Lors des deux premières séances, le jeu
permet à B. de mettre en scène son monde intérieur
, fait de pulsions, fantasmes, souvenirs, désirs, mais aussi d’imagination…..
Aux abords de ce gouffre profond , inquiétant, qui constitue la
subjectivité inaliénable de l’enfant,la question est
de savoir comment entrer en jeu comme thérapeute.
Winnicott est très clair, pour lui, il s’agit avant tout
de se perdre dans le chaos, d’y plonger. Le jeu devient thérapeutique,
nous dit-il, quand le clinicien est « capable d’entendre
le chaos initial du patient . » Mais l’entendre surtout
« sans avoir besoin de cohérer ce non sens ». «
Le patient peut alors se rassembler, et exister comme unité et
non plus défense contre l’angoisse » ; sinon le
patient « aura manquer une occasion de se reposer , de ce type
de repos d’où émerge la créativité.
»
Ici, les options épistémologiques du thérapeute vont
être ici déterminantes pour permettre de passer du jeu à
l’hypnose, ou non.
En
ce qui me concerne, je suis suffisamment paresseuse pour ne pas m ‘arrêter
aux éléments psycho dynamiques qui apparaissent à
travers le matériel projectif du jeu, ou d’un dessin, ni
même aux éléments relevant des interactions familiales-aussi
intéressants soient ils- je suis surtout curieuse, de voir ce que
l’enfant va faire de tout cela.
Cela veut dire que j’essaie de prendre tout de lui, sa capacité
à aimer comme sa propension à haïr, mais tout de lui,
c’est prendre –aussi-dans un même geste ce qui existe
déjà , et ce qui n’existe pas encore. Et ma curiosité
est toute entière aiguisée par le non encore existant de
l’enfant,qui est de l’ordre de la pure imagination, de la
création.
Tout
en entendant les conflits internes de l’enfant, tout en le rejoignant
au plus prés de sa souffrance, tout en me laissant tomber dans
le chaudron familial, je suis déjà ailleurs, tendue vers
le changement à advenir.Sans doute est ce le début d’une
dissociation qui s’opère en moi, une entrée en hypnose
que l’enfant peut entendre comme une invitation qui lui est faite.
Aussi
, quand une interprétation me fait les doux yeux, j’essaye
de passer mon chemin et de ne pas m’y arrêter, elle risquerait
de figer le mouvement créatif du jeu.Comme si mon rôle consistait
à préserver avant tout les conditions du jeu, en maintenant
une fluidité , une mobilité innovante, en gardant le cap
sur l’imagination.
Winnicott
d ‘ailleurs considère les interprétations comme des
« propagandes »imposées par le thérapeute à
l’enfant. Il en parle comme d’une véritable «
collusion défensive »,qui renforce en même temps de
façon bien commode et les défenses du patient et les résistances
du thérapeute.
Car interpréter , c’est introduire en effet quelque chose
de létal dans la relation. On ramène à un savoir
préalable, abstrait , à une connaissance désincarnée,
à une théorie inanimée quelque chose d’exceptionnel
qui émerge là dans cet instant unique de la rencontre thérapeutique,
instants uniques qui se renouvellent sans cesse parce que l’enfant
n’est jamais tout à fait le même , ni le thérapeute
.
En
ne cherchant pas à ramener à du « déjà
vu », du « déjà su », à de «
l’organisé » le vivant qui se déploie là
dans une inévitable incohérence, l’unicité
, la singularité de l’enfant se mettent en mouvement .Il
peut commencer à prendre le risque d’être lui même,
de s’individuer.
Il
s’agit donc d’aller vers un inconnu, un quelque chose de vivant
mais qui paradoxalement n’existe pas encore .
Winnicott
ici aussi nous étonne , car bien qu’il continue à
se référer à l’inconscient freudien, comme
réservoir du refoulement, il évoque aussi un inconscient,
qui serait un lieu de potentialités inactualisèes, qui n’est
pas sans rappeler l’inconscient ericksonien.
« Nous progressons »nous dit W. « davantage quand
nous reconnaissons la non existence du patient que lorsque nous travaillons
longuement sur la base de mécanismes de défense du moi.
….. c’est de la non existence, qu’advient l’existence
»
En
route donc pour cet inexistant.
Avec
Benjamin , nous n’y sommes pas encore.Jusqu’à présent
il n’a fait que reproduire ce qu’il vivait avec ses parents
. Très bien. Mais à partir de là, j’entre dans
le jeu, je me mets en jeu, et j’avance un pion. Je vais très
explicitement lui suggérer une autre alternative : « pour
toi, c’est bien comme çà ?ou tu as envie que cela
change ? »
J’ouvre
une brèche sur un changement possible. A ce moment là, bien
sûr, je sens réellement sa capacité
à changer . Ce qui n’est pas toujours le cas avec certains
enfants.Avec B.,je suis moi même en relation avec son potentiel
, cette matière informelle, encore impalpable , présente
en lui et qui me traverse. Lui, ne connaît pas encore cette force
qu’il a , mais d’une part je la reçois sans savoir
ce qu’elle est , et d’autre part , elle me brûle déjà
les mains et je n’ai qu’un désir c’est de la
lui restituer.
Mais
je ne fais rien d’autre.J’ai avancé un pion, à
lui de s’en saisir . Sa vie lui appartient , lui seul peut décider
s’ il veut explorer du côté de l’inconnu, inventer
quelque chose qui n’existe pas encore , ou s’ il continue
à répéter et rester dans les terres ressassées
de sa souffrance, et de son symptôme. Il est clair que je ne peux
rien décider pour lui. Et j’essaie de me souvenir de ce que
dit F.Roustang « Sa guérison n’ est pas mon affaire,
mais la sienne propre »
Je
me contente de dire, quelque chose du genre « si tu veux que cela
change, je sais que tu en es capable»
En
percevant en lui quelque chose qui lui appartient en propre, dont il ignore
encore l’existence , mais que je lui propose d’approcher,
déjà cette interaction vient faire césure et fracture
avec ses patterns relationnels habituels, car cela le pose d’emblée
dans sa dignité de sujet, sujet responsable et entier .
La
balle est dans son camp.Et chose étonnante, il va de lui-même
se saisir de l’hypnose pour répondre à cet enjeu de
taille.
3° séance. Quand je me rends compte qu’il
est en transe, à son initiative, j’avoue que cela me prend
au dépourvu.
J’ai
beau savoir que les enfants ont une grande familiarité avec l’hypnose,
que la relation que j’ai instituée avec lui a favorisé
, sans doute,un certain nombre de mises en condition qui sont autant d’
inductions informelles.
J’ai
beau me souvenir de Winnicott. qui déclare : « ce n’est
pas moi , mais l’enfant qui dirige l’entretien ».
J’avoue que je me sens immédiatement privée , dépouillée
de quelque chose que j’avais dû prendre pour du pouvoir.
Hors
jeu , le thérapeute ? Est ce que je suis là, seulement pour
« de rire » ? Peut-être justement le rire est-il notre
meilleur allié, le rire de nous même et la dérision
de notre fonction sont ils essentiels pour tenir notre place ? Et pour
permettre à l’enfant de faire l’expérience de
« sa capacité à être seul en présence
de l’autre » si chère à Winnicott.
En tous les cas , il faut le reconnaître, la position du thérapeute
est totalement paradoxale ;il s’agit à la fois de s’effacer
, mais en même temps de ne pas s’absenter . Ce n’est
plus moi qui mène le jeu, et en même temps , ce jeu hypnotique
ne peut se dérouler que soutenu par la relation spécifique
qui s’est tissée entre l’enfant et moi .
Dans
ce cadre thérapeutique, rien ne peut se faire sans moi, et en même
temps tout se fait en dehors de moi.
Ma
présence est totale et en même temps vagabonde. Je suis là
toute entière et en même temps je n’ai déjà
plus besoin d’être là.
On
retrouve F.Roustang (fin de la plainte) « lorsque le thérapeute
s’est si bien effacé au contact du thérapisant, la
situation se retourne….il pensait que sa tâche était
d’inventer, d’improviser pour permettre le changement, …il
s’aperçoit qu’il n’y a rien à faire, rien
à découvrir, que la réponse qu’il cherche lui
est fournie au fur et à mesure par le thérapisant.Car l’appréhension
du sentir est réciproque… celui qui est inspiré et
qui improvise n’est plus le thérapeute mais le thérapisant
, car c’est lui qui détient la clef de la parole qui modifie»
Tout est dit, mais cela est complètement impossible à tenir
, c’est sans doute pour cela que F. Roustang le dit , cela nous
libère d’avoir à faire quoique ce soit.
En
tous les cas , dans ce repos partagé, c’est comme si un air
léger et fleuri entrait et circulait dans le bureau, comme si une
vague de vie s’engouffrait à l ‘intérieur de
l’enfant, du thérapeute et dans cet espace qui à la
fois nous sépare et nous relie.
Dans
ce moment, véritablement suspendu ; l’enfant s’ éprouve
comme vivant, c’est à dire au cœur d’ une interdépendance
fondatrice.
La
relation thérapeutique lui aura seulement permis de franchir l’abîme
de sa liberté, en acceptant la peur et le risque qui y sont liés.
Ce qui peut l’aider à trouver Sa place dans Sa famille.Il
lui faudra encore deux séances pour s’en assurer totalement
et cela va passer par une forte présence corporelle.
L’hypnose, espace de réciprocité
- Au cours des deux dernières séances,
le jeu de billes impliquent généreusement le corps et de
l’enfant et le mien. Nous sommes à genoux sur le tapis, et
nous nous déplaçons dans toute la pièce.Souplesse
physique et agilité psychique s’acquièrent dans un
même geste.
Benjamin,
par les mouvements du jeu, habite son corps propre ,les contours de son
individualité, mais aussi l’espace offert.De plus, par l’utilisation
des matériaux divers , il redéploie sa sensorialité,
odeur de la peinture, des crayons, toucher du papier, des diverses pâtes
, vivacité des couleurs ; toute une esthétique est en mouvement.
Le corps propre est totalement engagé dans la communication inter
subjective.
Pour
F.Roustang « le corps est relation personnalisée ».
Et le travail thérapeutique devrait permettre , selon lui , que
« la psyché retourne au corps. » pour reconstituer
l’unité essentielle.
En
fait par nos corps en dialogue, qui se positionnent l’un par rapport
à l’autre, dans une distance toujours à ajuster, dans
une harmonique à accorder ,nous co-créons un espace transitionnel
.
Espace
potentiel qui n’appartient ni à l ‘enfant ,ni au thérapeute,
mais qui est la condition même de toute rencontre interpersonnelle.
B. découvre, qu’il a besoin d’un autre pour exister
pleinement ;qu’il ne peut accéder à sa singularité
que via un autre, dans une relation d’influence réciproque
; c’est à dire que lui aussi modifie, transforme quelque
chose du thérapeute. Ce n’est finalement pas très
loin de ce que nous dit M.Erickson : « l’hypnose est la
manière dont deux personnes réagissent l’une à
l’autre »
Dans
cet espace transitionnel, l’enfant crée un nouveau rapport
à l’autre, à soi , au monde. Winnicott explique :«
Le patient et l’analyste font partie d’un contexte clinique
où chacun d’eux va être créé et trouvé
par l’autre. Cette réciprocité et cet échange
crée une nouvelle dynamique de dialogue, plus féconde
qu’un simple relation transférentielle. »
Exit
donc, la répétition névrotique qui se rejoue inlassablement
dans le transfert ! Mais que Winnicott le dise aussi clairement, cela
est bien intéressant.
Dans « la consultation thérapeutique de l’enfant »
que W.écrit à la fin de sa vie , il constate que cette nouvelle
dynamique relationnelle advient très fréquemment lors de
la première consultation, qu’elle peut se poursuivre après
4-5 séances maximum, mais qu’elle risque ensuite de se perdre
sous l’effet du transfert et de la névrose de transfert .Il
recommande donc de « faire le minimum » en clinique
de l’enfant.
Et il ajoute :« il doit y avoir un lien entre cet état
de choses et ce qu’on obtient de manière moins profitable
par l’hypnose »Il apporte un bémol à l’hypnose-
contexte oblige- mais tout de même !
Alors, W, adepte des thérapies brèves, hypnothérapeute
?N’allons pas si vite !
Ces quelques ponts jetés maladroitement ne demandent qu’à
être approfondis, à travers une re –lecture des textes
de Winnicott.
En
guise de conclusion
Il faut le reconnaître la clinique avec des enfants est particulièrement
exigeante, surtout si l’on pratique l’hypnose. Ils nous placent
- beaucoup plus -que les adultes face à un inexistant immense,vertigineux
et leur liberté peut facilement nous submerger et nous plonger
dans la confusion.
Cela exige de nous une très grande disposition personnelle à
l’hypnose, ou plutôt une disposition à une forme d’hypnose
très personnelle, qu’il faut sans cesse réinventer.
La rigueur de notre travail passe sans doute par là. Comme F.Roustang
le suggére « le pouvoir du thérapeute a pour fondation
la largeur et l’intensité de sa veille généralisée.
»
La rigueur de notre travail avec les enfants , passe aussi par une exigence
éthique de chaque instant , qu’il faut ,à mon sens
, sans cesse interroger et refonder.
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