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Paul
Ricoeur: parcours de la reconnaissance
éd. Stock. Les essais. Paris. 2004
Nous
aspirons tous à la reconnaissance, mais ce mot de reconnaissance
est galvaudé, il a perdu un peu de son épaisseur, à
force d’être utilisé à tord et à travers.
La reconnaissance ne s’institue pas d’un coup de baguette
magique mais répond à un véritable processus. Ce
processus se fait progressivement.
D’abord,
on a besoin d’ « être reconnu », on est alors
dans une certaine position passive, dépendante (niveau 1 de la
reconnaissance). J’ai besoin que l’autre atteste qui je suis.
Puis, il s’agit de « reconnaître l’autre »,
ce qui se réalise dans un mouvement actif vers l’autre (niveau
2). Je dis à l’autre comment je le vois. Cela permettra la
reconnaissance réciproque : « se reconnaître mutuellement
» qui est de l’ordre de l’altérité (niveau
3). On échange des regards réciproques, ce qui participe
à l’ajustement de nos images de soi respectives. Bien sur,
tous les niveaux tissent le « se reconnaître soi-même
» (niveau 4). La boucle est bouclée de la manière
suivante : Plus on se sent reconnu, plus on est reconnaissant. «
Etre reconnaissant » étant le niveau 5 de ce parcours essentiel
de la reconnaissance.
La
question de l’identité est au centre de la question
de la reconnaissance.
« N’est ce pas dans mon identité authentique que je
demande à être reconnu ? Et si par bonheur, il m’arrive
de l’être, ma gratitude va vers ceux qui, d’une manière
ou d’une autre ont reconnu mon identité en me reconnaissant
»
« Pour identifier, il faut distinguer, c’est en distinguant
qu’on identifie …. C’est à être distinguée
qu’aspire une personne humiliée. » c'est-à-dire
être reconnue dans sa singularité la plus irréductible.
Reconnaissance
et changement.
Comment se reconnaître à travers nos changements. P. Ricœur
fait appel à deux concepts : la mêmeté, et l’ipséité.
Mêmeté. Ce qui reste identique sous les changements ; je
reconnais ce qui persiste à travers les changements. Je garde mes
yeux bleus, même si j’ai des rides et que je pleure ou souris…
Ipséité. Je ramène à moi, les divers changements.
Même si mes cheveux sont passés de brun au blanc, puis à
la couleur, je les reconnais comme les miens.
Je ne connaissais pas mes cheveux blancs, mais je les reconnais comme
miens.
Reconnaître, ce n’est pas forcément connaître-
du fait de la fluidité de l’être, Reconnaître
, c’est ne pas enfermer l’autre dans une connaissance.
La reconnaissance se fait à l’épreuve de la méconnaissance.
Identité
narrative.
Importance du récit, l’identité est toujours une identité
narrative qui met en perspective la mêmeté et l’ipséité.
Qui parle, qui agit, qui raconte ? .
« Apprendre à se raconter, c’est apprendre à
se raconter autrement. »
Ethique et responsabilité.
C’est par la dimension éthique que l’identité
se structure, que l’ipséité s’ordonne.
En me reconnaissant comme auteur, acteur de mes actes, de mes paroles,
de mes gestes, et intentions. Je suis comptable de mes actes… peut-être
même aussi de mes intentions.
«
Le pardon, fait de la mémoire inquiète
une mémoire apaisée, une mémoire heureuse.
La
reconnaissance mutuelle : l’un/l’autre ; l’un
par /pour l’autre, ce n’est pas l’un EST l’autre.
La réciprocité ne va pas de soi, mais elle est féconde.
Car il y a une véritable simultanéité de la reconnaissance
existentielle : quand on reconnaît autrui comme existant, vivant,
on se sent soi-même exister, vivre.
Bibliographie
:
Paul Ricoeur. Soi-même comme un autre . Le Seuil.1990

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